1848. Le mobilier d’Alexandre Dumas aux enchères

Le 6 mai prochain, l’étude Aguttes vendra à Neuilly une affiche originale de 1848, annonçant la vente du mobilier de la propriété d’Alexandre Dumas à Port-Marly, lieu-dit « Monte-Cristo ».

Affiche de la vente du mobilier du château de Monte-Cristo, 21 mai 1848 © Aguttes

Affiche de la vente du mobilier du château de Monte-Cristo, 21 mai 1848 © Aguttes

En 1844, Alexandre Dumas achève Le Comte de Monte-Cristo, qui est publié en feuilleton dans Le Journal des débats et lui vaut un succès considérable. Enrichi par le succès des Trois mousquetaires cette même année, il achète un terrain sur les hauteurs de Port-Marly et confie à l’architecte Hippolyte Durand (1801-1882) la construction d’un château de style Renaissance. Baptisé « Monte-Cristo », il est achevé en 1847.

Le château de Monte-Cristo à Port-Marly. Source : Wikipédia

Le château de Monte-Cristo à Port-Marly. Source : Wikipédia

Charles Glinel, l’un des premiers biographes d’Alexandre Dumas, le décrit en 1884 comme « l’une des plus coûteuses folies de Dumas […] où, les parasites aidant, il engloutit la plus grande partie des sommes énormes que lui procurait sa plume ».[1] En effet, dès 1848, appauvri par une vie dispendieuse, lourdement endetté, ruiné par ses investissements dans le Théâtre historique[2] qu’il a ouvert l’année précédente et que la révolution de 1848 conduit à la faillite, Dumas est contraint de vendre le contenu de Monte-Cristo, moins d’un an après la pendaison de crémaillère…

Liste des objets proposés à la vente, détail de l'affiche, 21 mai 1848 © Aguttes

Liste des objets proposés à la vente, détail de l’affiche, 21 mai 1848 © Aguttes

La vente du mobilier ne suffira pas : le château est vendu à son tour en 1849. Dumas, poursuivi par ses créanciers, doit se séparer de sa ménagerie, de son vautour Diogène, de ses deux singes (Potich et Le dernier des Laidmanoir) et de sa guenon, Mademoiselle Desgarcins, achetée à un marchand d’animaux du Havre :

Je fis don au Jardin des Plantes du dernier des Laidmanoir, de Potich et de mademoiselle Desgarcins. Je perdais une maison, mais mes singes gagnaient un palais. Après les révolutions, il arrive parfois que les singes sont logés comme des princes, et que les princes sont logés comme des singes.[3]

L’affiche est estimée entre 1000 et 1500 euros.

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[1] Charles Glinel, Alexandre Dumas et son oeuvre. Notes biographiques et bibliographiques, Reims : F. Michaud, 1884, p. 407, disponible en ligne.

[2] Robert Vincent, « Théâtre et révolution à la veille de 1848 », Actes de la recherche en sciences sociales, 1/2011 (n° 186-187) , p. 30-41, disponible en ligne.

[3] Alexandre Dumas, Histoire de mes bêtes, Paris : C. Lévy, 1881, p. 347.

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